La vérité sur l’affaire Gargamel

Les reporters de Tind n’ont pas l’habitude de reculer devant le danger. Leur mission est de récolter l’information à sa source, afin de la retranscrire le plus fidèlement possible à leurs lecteurs, et ce quoi qu’il en coûte. La vérité n’a pas de prix.

Jusqu’ici, nous n’avons pas trop eu à trembler sur le terrain. Aussi, lorsque, à l’occasion d’une partie de tennis très plaisante avec le baron de Champignac suite à notre entretien avec son ami Spirou, celui-ci nous demanda si nos relations ne nous avaient pas permis par hasard de rencontrer le grand savant Gargamel, la lumière s’alluma tout soudain à tous les étages.

Non, effectivement, nous n’avions jamais été mis en relation avec Gargamel, mais l’actualité cinématique brûlante, et nos relations haut placées, allaient nous permettre, bien que laborieusement, de remonter jusqu’à lui.

Si nous n’avions à ce jour eu que des relations plaisantes, amicales ou affables avec les héros des temps modernes de la bande dessinée et de la littérature, c’est aux confins de la folie que nous mena cet entretien avec l’illustre Gargamel.

Notre enquête de longue haleine pour le retrouver nous conduisit jusqu’à l’hôpital psychiatrique de la Chazeille, enfoui dans une forêt noire d’Auvergne.

À ce jour, le mystère Gargamel reste entier : comment cet homme, plusieurs fois pressenti pour le prix Nobel de chimie, acclamé par ses contemporains, considéré comme un héros, comme un génie, pour ses travaux couronnés de succès en cristallographie, biologie moléculaire ou encore en astrophysique, a-t-il pu disparaître du jour au lendemain de la sphère scientifique et finir dans l’oubli ?

Quand il nous est apparu clairement que nous devrions pousser les portes de la Chazeille pour approcher la vérité, nous avons hésité, puis, au nom de notre amitié avec le baron de Champignac, nous sommes entrés et nous sommes fait conduire dans la cellule 101, la cellule du patient zéro, comme on l’appelle ici, la cellule d’Ishmaël David Gargamel.

Jamais nous n’aurions imaginé voir un homme à ce point brisé. Réalisé dans des conditions très difficiles, cet entretien a nécessité deux jours entiers de questions, d’attente, de patience. Les infirmières nous regardaient d’un œil noir et ne tolèraient notre présence que parce que Gargamel ne reçoit jamais de visites. Ce dernier s’essouffle vite, cherche ses mots pendant tout l’entretien, crie, hurle ou s’écroule dans des crises incontrôlées qui ne surprennent plus les personnes du service hospitalier depuis longtemps, et qu’elles ont pris l’habitude de maîtriser.

Ces bribes de conversation de cinq minutes, mises bout à bout, pourront paraître naturellement décousues. Nous avons fait pour nos lecteurs le choix de la clarté sur celui de la fidélité. Vous êtes avertis qu’ils ne retranscrivent pas fidèlement l’esprit du Gargamel d’aujourd’hui. Les propos n’en demeurent pas moins des propos vérité.

Propos recueillis par Perpetua

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La vérité était au bout du couloir.

• Tind : Professeur Gargamel – vous permettez que je vous appelle ainsi pour la durée de notre entretien ?
Professeur Gargamel : Oui, oui… Bien sûr. Cela fait longtemps que l’on ne m’appelle plus ainsi, cependant. Mais si cela vous amuse…

• Nous souhaitons éclairer votre mystérieux passé. Nous nous sommes heurtés à de nombreuses fausses routes avant d’être finalement guidés jusqu’à vous. Nos lecteurs seraient heureux d’en savoir plus sur vous, sur votre parcours, vos travaux, vos idées. Qui est le vrai professeur Gargamel ?
Le professeur Gargamel n’est plus…

• Vous êtes un grand scientifique. Vos recherches et vos découvertes en cristallographie, en botanique ou encore en astrophysique ont considérablement influencés vos contemporains : Otto Diels, Linus Carl Pauling, Svante Arrhenius  pour ne citer qu’eux  se réclament beaucoup de votre enseignement.
Vous savez, Niels Bohr était un grand ami, il fut un temps. Cela fait bien vingt ans que je ne l’ai plus vu. Jamais la physique n’a sauvé les hommes. Que croyez-vous que les physiciens aient derrière la tête ? La physique ne les sauvera jamais de ce qui les attend.

• Est-ce que vous cherchez à faire référence à votre propre parcours scientifique ? À vos propres idéaux de jeunesse ?
Oui, oui, sans doute, venir au secours de l’humanité, tout ça. On comprend vite qu’il n’y a pas carrière plus ingrate qu’une carrière scientifique. Personne ne vous comprend, et tout le monde s’en fiche. Les mathématiciens, ah ! c’est autre chose. Elles en sont toutes folles ! Ils contemplent toute la journée des tableaux noirs plein de gribouillis indéchiffrables, mais il n’y a pas de problèmes, eux on les aime, ah oui !
Vous savez, quand j’étais jeune, je me passionnais pour la mécanique ondulatoire, la régularité du mouvement des astres, les forces d’attraction réciproques. Isaac Newton était mon idole. Je n’avais qu’un reproche à lui adresser : s’être endormi au pied d’un pommier. J’aime tellement les abricots, vous savez, et depuis la Genèse, nous en avons soupé de la pomme. L’abricot méritait bien ça, je pense. Des fois, je me dis que c’est parce qu’ils n’avaient que des cocotiers que les Polynésiens n’ont pas eu leur Newton. Mort trop tôt, c’est sûr.

• Donc vous avez abandonné la physique ?
C’est sûr, c’est sûr, des vétilles, tout ça, après ces horribles guerres. Je ne pouvais pas croire que nous n’avions pas tout ce qu’il nous fallait, sur notre bonne vieille Terre, pour résoudre nos problèmes. Je me suis reconverti dans la chimie moléculaire, dans l’étude de la structure des cristaux, et dans la biologie. Je devins une sorte d’apothicaire, d’alchimiste, de fabricant de potions, pour ainsi dire. Je quittai les laboratoires froids des cités modernes pour m’installer avec tout mon nécessaire à la campagne. Dans une belle forêt, plus précisément, d’Europe de l’Est. J’avais une chaumière. Une belle chaumière. Avec un toit en chaume, vous savez, et une cheminée. J’aimais cette chaumière.

• Vous viviez seul ?
Croyez-vous que je serais parti sans ma chère moitié ? Ma tendre Esther. Elle n’aurait pas accepté de me suivre, j’aurais continué mes recherches à la ville. Elle s’était jointe à mon idée. Non, c’est faux, c’était son idée, depuis le début. Ishmaël, elle me disait, regarde ce que produisent les scientifiques des métropoles, elle me disait. Tu ne veux pas leur ressembler, Ishmaël, jamais, et moi non plus. Ce ne sont pas eux qui soigneront l’humanité. Installons-nous donc là où la vie sera plus paisible, à proximité de la nature. Les scientifiques ont oublié la nature, retrouve-la, retrouvons-là tous les deux. Ishmaël ! C’était bien Esther, ça.

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Esther Gargamel à 24 ans

• Que pensiez-vous trouver ?
Et que pensez-vous que j’allais y trouver ? Ce que je cherchais, évidemment. Un élixir de vie. Une potion de soin ultime, une potion pour soigner tous nos maux. Mais je ne vous ai pas parlé de notre malédiction, à nous autres scientifiques. On ne nous comprend pas, et on ne fait pas l’effort de chercher à nous comprendre. Nos recherches, nos démarches, notre vocabulaire sont trop compliqués, et à notre préjudice, nos propos sont simplifiés, déformés, dépouillés de leur signification originelle. Tout le monde, dans le village, a fini par nous prendre pour une famille de sorciers en quête d’une potion d’immortalité. Nous sommes vite passés pour des illuminés mégalo et fous à leurs yeux. Fous, oui. Fous.
Eh oui, mon Azraël, tu t’en souviens bien, toi aussi, et pourtant tu n’étais pas encore là.

(Gargamel se tourne vers un chat empaillé, tendant la patte droite, les moustaches tournées vers son maître, sans doute Azraël. Il a une gamelle pleine de croquettes devant lui.)

• Vous pouvez nous parler un peu d’Azraël ?
Azraël, oui, Azraël. Esther avait disparu ? Je ne l’ai jamais revue. Elle avait disparu ? J’ai quitté ma chaumière des jours et des jours pour la trouver je ne l’ai jamais retrouvée. Elle avait disparu. Je suis rentré avec un chat sous le bras. Esther était morte, je le sentais, je ne savais pas comment, mais elle n’était plus. Mon chat ne pouvait pas porter un autre nom que celui de notre ange de la Mort. Azraël. Il s’en est donné à cœur joie, dans la forêt, mais c’est un adorable chat. N’est-ce pas Azraël ?

(Le professeur Gargamel joue avec la patte du chat.)

Oh, il vieillit lui aussi. Il perd peu à peu l’appétit, mais il me fait toujours autant de bien, autant rire ! Tu veux des croquettes, mon minou, tiens, en voilà un peu plus !

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Azraël aujourd’hui

• Professeur Gargamel, nous pouvons interrompre cet entretien ici. C’est à vous de me dire, parce que… j’aimerais que l’on parle des… des Schtroumpfs.

(À cet instant, le professeur s’est raidi. Il ne parlait plus, ne bougeait plus, il semblait même qu’il ne respirait plus. Puis il a hurlé. Les infirmières sont aussitôt accourues pour le secourir, l’apaiser. Elles m’ont une nouvelle fois foudroyé du regard, j’ai senti que c’était le moment de m’en aller.

Au moment où j’allais franchir les portes, une voix m’a retenu. « Le professeur souhaite continuer cet entretien. Vous lui faites du bien, nous assure-t-il. Nous aimons beaucoup cet homme, il est l’un de nos patients les plus estimables, donc nous lui accordons cette volonté. Ne vous avisez pas de le blesser une nouvelle fois. »)

Les Schtroumpfs. Y croyez-vous ? C’est avec eux que tous mes problèmes ont commencé.

• J’ai entendu des rumeurs sur ces Schtroumpfs, oui.
Ces horribles gnomes bleus. Les dernières traces d’Esther m’ont mené à eux, c’est comme ça que j’ai découvert cette étrange civilisation. C’était trop louche, ils avaient quelque chose à voir dans sa disparition, c’était presque sûr. Pourtant, cette découverte était trop importante et trop passionnante. J’étais complètement dérouté, quand je les ai vus pour la première fois. J’ai noté le chemin pour les retrouver en rentrant chez moi, puis j’ai oublié cette lamentable histoire. J’ai pris le temps de me familiariser avec mon nouvel animal. Il est très vif et intelligent, vous savez, n’est-ce pas Azrounet ? Tu veux des croquettes ? Tiens, en voilà un peu plus. Bon minou ! C’est qu’il va bientôt fêter ses 32 ans, le tigrou, hein ? Il n’est pas féroce pour un sou, ne vous en faites pas ! Écoutez-le donc ronronner !

• Un jour, cette histoire a donc resurgi.
Vous prononcez « rézurgi » ? Comme c’est curieux ! Je note ce genre de détails, vous savez, j’en suis fou. Peut-être depuis mes études sur le langage des… Oui, oui, je n’oublie pas facilement, mais j’ai cru que j’avais été victime d’une hallucination, bien sûr. Vous imaginez l’état dans lequel j’étais après tout ce cirque ? Non, bien sûr. Vous êtes un rejeton de génération Y, vous ne connaissez pas grand-chose. Vous ne connaissez rien, en fait ! Vous ne savez même pas ce que c’est qu’un vrai livre, vous ne sauriez pas les lire. J’en ai connu des crétins, mais votre génération produit les plus beaux.

• Vous avez retrouvé les Schtroumpfs ?
Je n’oublie rien, je vous dis. J’avais noté le chemin, un jour je me suis décidé à le réemprunter. C’était peut-être deux ans après, j’étais persuadé de déboucher sur une clairière. Mais leur village de champignons n’était pas une hallucination, la première fois. Ils étaient toujours là. De ce jour, je suis retourné presque tous les matins les observer. J’avais découvert le plus passionnant des sujets d’étude, rendez vous compte ! Une civilisation passablement intelligente, douée d’un langage, barbare certes, auquel ils doivent le nom que je leur ai donné, mais d’un langage structuré. Et ils n’étaient clairement pas humains.
Avec cette découverte, premier malheur, je me suis aliéné définitivement la sympathie des villageois. Après la disparition d’Esther, ils m’ont tous assuré de leur soutien et de leurs condoléances. Certains m’apportaient des légumes, parfois même des tourtes préparées, délicieuses. Puis je leur ai parlé de ma découverte, et toutes ces attentions ont pris fin. J’étais fou, à leurs yeux, perdu aussi. Fou. Oui, mon Azraël, bon chaton. Tiens, quelques croquettes, oh ! j’en ai fait rouler une dans ma pantoufle, dites-donc !

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Une des nombreuses représentations du scientifique émérite Gargamel.

• Qu’avez-vous pu apprendre sur ces Schtroumpfs ?
Je me suis donc très vite passionné pour ces créatures : difformes, minuscules, disproportionnées, vulgaires, elles me dégoûtaient, ça a très vite tourné à l’obsession. Il ne se passait pas un jour sans que je parte les observer, les étudier. Je voulais écrire un traité d’étude schtroumpfologique puis établir un premier contact pacifiste avec eux. Pour cela, il me fallait apprendre leur langue, leurs coutumes, leurs traditions, savoir ce qu’ils aimaient, ce qu’ils craignaient, ce qu’ils détestaient. Il ne faisait aucun doute pour moi qu’ils n’avaient jamais rencontré aucun humain, qu’aucun humain avant moi ne les avait découverts, sauf peut-être mon Esther. Mesurant près de 2 m, et ces gnomes entre 10 et 15 cm, je ne voulais pas qu’ils me fuient en me voyant.

Mes observations m’ont très rapidement horrifié. Installés dans des champignons toxiques, sans doute pour se protéger des prédateurs, ils vivent sous l’autorité paternaliste d’un tyran qu’ils prennent pour un vieux sage, leur doyen, mais qui, croyez-moi, a tout du savant fou dont les expériences tournent rapidement au drame.

En tant que chef, ils les poussent à la violence et à la haine. J’ai été témoin de cette violence : ils sont une nation guerrière et belliqueuse, extrêmement fourbe et vicieuse, qui ne tolère pas la différence. Sans pitié, ils ont massacré toute une race de Schtroumpfs totalement pacifistes sous prétexte qu’ils étaient noirs et ne parlaient pas leur langage. Un génocide total, affreux, je n’ai rien pu faire.

Plus j’en apprenais sur eux, plus je devenais convaincu qu’ils étaient des créatures du Diable et ce chef rouge son serviteur. Ils n’ont d’autres lois que celles que ce Grand Schtroumpf leur donne. Pour une quelconque raison, ils sont 101 et n’ont pas de femme Schtroumpf. J’ai rapidement accumulé suffisamment de preuves pour affirmer qu’ils les ont toutes exterminées. Ne me demandez pas comment : par d’obscurs procédés, j’ai réussi un jour à mettre la main sur une Schtroumpfette, que j’ai ensuite eu la folie de leur apporter, croyant bien faire. C’était bien avant mes plus amples découvertes à leur sujet. Ce Grand Schtroumpf s’est empressé de tenter de nouvelles expériences sur elle. Je ne l’ai jamais revue.

Ils ont un goût prononcé pour la salsepareille, autrement ils tuent plus qu’ils ne chassent. Combien de pauvres animaux les ai-je vu tuer pour le plaisir : souris, canards, lièvres, leur ingéniosité pallie à leur petite taille pour toutes les techniques d’extermination.

Ils ont deux souffre-douleur, bien sûr : un Schtroumpf bêta, sur lequel s’acharne avec un malin plaisir le Grand Schtroumpf, et un drôle de Schtroumpf à lunettes, qui se fait violemment tabasser sitôt qu’il cherche à faire entendre raison à ses compatriotes. J’ai rapidement remarqué qu’il s’agissait des deux seules créatures du village à ne pas vivre dans des champignons toxiques mais dans des champignons tout à fait sains. C’était peut-être là la clef qui me permettrait de comprendre les raisons de la folie de ces gnomes. C’était peut-être la clef qui me permettrait de leur rendre la raison. Mais voilà.

• Vous n’avez jamais pu les sauver, alors ?
J’en viens au jour du drame. Au jour où j’ai voulu me présenter à eux.

• Vous en parlez comme du jour de la chute. Que s’est-il passé ? Pouvez-vous en parler ?
J’ai tout perdu ce jour-là. Il me restait une chaumière, une vie, un corps intègre, un semblant de raisons de croire en notre monde.

• Que s’est-il passé ?
Je… Je ne crois pas pouvoir en parler.

• Ne vous inquiétez pas. Ils ne sont plus là.
Voilà ! ce qu’il s’est passé ! Vous êtes content ! Ah !

(Gargamel brandit à cet instant sa main gauche, qui depuis le début de l’entretien était dissimulée dans sa manche. Il n’y a pas de main, juste un crochet en fer désormais rouillé.)

Sitôt qu’ils m’ont vu apparaître, ils se sont tous rassemblés sur la place du village pour pousser une sorte de ululement. Leur cri de guerre. J’avais souvent eu l’occasion de l’entendre. J’ai essayé de leur parler, de leur faire comprendre que je venais en ami, mais c’était trop tard. Le Grand Schtroumpf est sorti en trombe de son champignon, a lancé un sac à leur champion, un Schtroumpf à la force phénoménale, qui n’a pas traîné à me lancer le sac en plein visage. De la poudre. Un somnifère extrêmement puissant.

Quand je me suis réveillé, ils finissaient de me trancher la main gauche, d’autres s’attaquaient à mon visage, à mon cou, à mes doigts de l’autre main. J’étais solidement ligoté à un tronc abattu à l’extérieur de leur village. Terrorisé, fou de douleur, je n’ai pu me libérer le bras gauche qu’une fois ma main entièrement sciée. Il m’a fallu un quart d’heure d’agression, de souffrance, en panique totale, pour m’en sortir, alors qu’ils continuaient à chercher à me tailler de partout, à coups de fourches, de couteaux, de scies. D’instinct, j’ai retrouvé mon chemin pour ma chaumière dans la forêt obscurcie par la nuit. Je m’y suis prodigué les premiers soins. J’étais faible. J’avais perdu beaucoup de sang.

Une heure plus tard, encore sous le choc, je crois observer des flammes lécher les murs de ma chaumière. C’était impossible ! De la fumée épaisse et menaçante se glissait sous ma porte.

Un regard à la fenêtre m’a confirmé mes craintes. Ils m’avaient suivi et étaient en train de tout mettre en feu : mon jardin, ma chaumière, mon atelier, où je conservais toutes mes notes, toutes mes boutures, toutes mes potions, tous les résultats de mes expériences, tous mes souvenirs des temps passés. Tout ! J’ai tout perdu ce jour-là !

• Vous n’avez pas cherché à vous venger ?
Mais petit imbécile, on ne cherche pas à se venger de créatures du Diable ! On les fuit, on les fuit le reste de sa vie. Cette nuit-là, c’est la volonté du désespoir qui m’a permis de m’en tirer, mon chaton sous le bras. Je ne suis pas fou, vous savez. Cet endroit est le plus tranquille, le plus sûr que j’ai pu trouver. C’était provisoire. Mes amis étaient censés venir me secourir. Niels Bohr et compagnie. Ils ont dû éplucher mes lettres sous toutes les coutures avant de conclure que j’étais vivant et mort à la fois, les imbéciles ! J’ai trouvé de nouvelles amies ici, très prévenantes, et puis j’ai toujours mon chat. Oui, mon minou, on va aller dégourdir tes petites papattes. Je finis avec le monsieur.
J’en ai fini avec vous. Je suis vide. Qu’est-ce que vous attendez encore de moi ?

• Y a-t-il une chose, aujourd’hui, qui pourrait vous faire sortir de l’ombre ?
L’assurance que tous ces gnomes sont morts. N’allez pas croire à de la vengeance. C’est une question de bon sens. Et de principes. Les bons comptes font les bons amis. Et les bons schtroumpfs.

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